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30 ème anniversaire de l’APEDAF - 22 mai 2008.

Introduction par le Président Bernard Liétar
Article publié le mardi 2 septembre 2008.


Anne-Charlotte PREVOT, nouvelle Pr ?sidente de l'APEDAF (JPG) C’est une grande joie pour moi de vous accueillir aussi nombreux pour cette cérémonie protocolaire.

L’APEDAF n’a pas l’habitude des réceptions de ce genre. Généralement, nos actions se déroulent beaucoup discrètement, sur le terrain, dans des établissements scolaires et non comme celui-ci.

Les circonstances sont toutefois exceptionnelles : L’APEDAF fête aujourd’hui ses trente ans. Trente années au service des enfants sourds et de leurs familles.

Et, comme chante Yves Duteil :

« Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans On se moque de l’air du temps On est encore dans la jeunesse

A cheval sur les souvenirs On a le temps de voir venir la vieillesse

On parle beaucoup des tourments Des problèmes avec les enfants (sourds) Des querelles et des jours de peines

Mais quand parfois on est content Qu’est-ce que c’est bien d’avoir trente ans Quand on aime »

Elie MARTIN (UNAPEDA), Martine Fraiture (Pr ?sidente de la FFSB F ?d ?ration Francophone des Sourds de Belgique), V ?ronique GERNAY (APEDAF)  (JPG)

Si vous êtes présents, aussi nombreux, pour cette soirée, c’est certainement parce qu’au cours de ces trente années, vous avez croisé le chemin de l’APEDAF et que vous connaissez notre association.

Mais, peut-être n’en connaissez-vous que quelques aspects, que certaines facettes. Je vais donc prendre quelques instants de votre temps pour vous présenter l’APEDAF.

Qu’est-ce que l’APEDAF ?

L’APEDAF, c’est l’Association des Parents d’Enfants Déficients Auditifs Francophones. C’est donc une association de parents ouverte à tous ceux dont les enfants sont atteints d’une déficience auditive légère ou sévère.

Notre première mission est de fournir aux parents en détresse des informations, des conseils mais surtout un espace de dialogue et de rencontres.

Nous leur permettons de se rencontrer régulièrement dans une ambiance sérieuse ou festive, selon les circonstances, afin de partager leurs expériences, leurs vécus. Nous essayons de rompre le sentiment d’isolement auquel sont confrontés les parents lors de l’annonce de la surdité ou lorsqu’ils s’engagent dans un chemin aussi sinueux qui celui qui peut conduire à une implantation cochléaire.

Le fait que nous soyons une association de parents signifie que nous ne sommes pas des spécialistes ou des professionnels de la surdité. Nous ne sommes ni médecins, ni audiologistes. Nous ne pouvons vous faire part que de notre vécu, étant entendu qu’en trente ans d’activités auprès des parents d’enfants sourds nous avons acquis une réelle expérience.

Au fil du temps, une de nos activités a pris une importance toute particulière, ce sont « les aides pédagogiques ». Les aides pédagogiques sont des personnes qui assistent des enfants qui bien qu’atteints de déficiences auditives lourdes, sont intégrés dans l’enseignement ordinaire.

Ces aides pédagogiques se rendent dans diverses écoles pour interpréter ou coder les propos des instituteurs et aider les enfants à faire leurs devoirs et à étudier leurs leçons. Cela explique la présence de plusieurs directions d’écoles ce soir et je les salue.

Une caractéristique essentielle de notre association est d’être pluraliste, d’être ouverte à tous les parents quels que soient leurs choix. Qu’ils soient pour la langue des signes ou l’oralisme, pour l’AKA ou LPC, pour l’enseignement spécial ou l’enseignement ordinaire. Qu’ils soient pour ou contre l’implant cochléaire !

Nous ne sommes rattachés à aucun centre, à aucune école, à aucune université. Nous essayons simplement d’apporter aux parents un soutien objectif en privilégiant les aspects humains et en respectant le rôle des professionnels, médecins ou autres, qui encadrent les parents.

Cette volonté indéfectible de pluralisme ne nous empêche cependant pas d’avoir des idées sur ce que pourrait être un monde idéal ou, du moins, un monde meilleur.

Nous soutenons, par exemple, que tous les enfants sourds devraient être au moins partiellement bilingues, c’est-à-dire avoir accès tant à la langue des signes qu’au français écrit.

Nous soutenons les projets d’enseignement en immersion en langue des signes et affirmons que tout enfant sourd doit avoir le droit d’apprendre la langue des signes et de recevoir au moins une partie de ses cours en langue des signes. C’est essentiel au respect de son identité mais cela ne signifie bien sûr pas qu’il ne faut pas en outre faire tout ce qui est possible pour lui permettre de s’intégrer au mieux dans le monde des entendants.

Depuis de nombreuses années, notre association est par ailleurs reconnue comme association d’éducation permanente. La réglementation en la matière a récemment évolué et je suis fier de pouvoir dire que le dynamisme de notre personnel nous a permis de réagir en temps opportun et d’obtenir la reconnaissance selon les nouvelles normes avec, à la clef, des subsides plus importants.

Ces subsides nous ont offert la possibilité d’engager deux personnes de niveau universitaire qui travaillent spécifiquement à l’élaboration d’outils d’éducation permanente. Je n’en dis pas plus à ce sujet parce que vous aurez l’occasion, au cours de cette soirée, d’avoir de plus amples informations et même de consulter les ouvrages qui ont déjà été publié à ce jour.

Notre présence constante sur le terrain et auprès de nos membres fait aussi de notre association une instance de revendication. Nous récoltons inévitablement des griefs, des demandes, des attentes des parents confrontés à la difficulté d’éduquer un enfant sourd.

Ces revendications, nous les rassemblons, les reformulons, les argumentons et les transmettons aux autorités politiques et administratives. Dans ce domaine, il faut bien sûr de la patience et de la persévérance mais je peux affirmer que nous sommes presque toujours écoutés et parfois entendus. Notre association a ainsi, par exemple, apporté sa pierre à l’introduction de la langue des signes dans le décret immersion, la reconnaissance de la langue des signes, à l’évolution des critères d’octroi des allocations familiales majorées et à la mise en place d’un dépistage précoce de la surdité.

Nos actions de lobbying ont conduit un de mes prédécesseurs un créé un « forum politique », c’est-à-dire à institutionnaliser un lieu de rencontre avec les mandataires qui sont plus particulièrement concernés par la surdité ou qui s’y intéresse. Il ne s’agit pas directement de les bombarder de revendications mais de leur fournir des explications, de permettre un débat, d’instaurer des relations de confiance.

Une vue sur les participants (JPG)

Notre prochain forum aura lieu les 30 juin 2008 et Anne-Charlotte Grabowski vous en parlera plus tard.

Je ne voudrais pas terminer ce bref résumé de nos activités sans dire quelques mots au sujet « Bébé, Bambin Sourds Bouquinent ». Il s’agit d’animations autour du livre conçues avec la communauté des sourds. Ces animations sont mixtes, sourds et entendants. Les conteurs-lecteurs sourds et entendants travaillent sur un réel pied d’égalité et leur complicité suscite des réactions tant parmi le public sourd qu’entendant.

Chaque animation est un moment magique qui dépasse tous les discours sur le décloisonnement des cultures mais, au-delà de cet aspect, Bébé, Bambin sourds bouquinent est un excellent moyen d’apprendre aux jeunes parents à communiquer des émotions et sentiments à leurs enfants.

Mais, me direz-vous, comment est-il possible pour une association d’avoir autant de personnel et d’activités ? Comment financer tout cela ?

Tous ceux qui travaillent dans l’associatif savent que ce n’est pas tous les jours facile et je n’ai pas de recette miracle à vous présenter. Je puis néanmoins vous faire part de quelques ingrédients du succès :

-  le premier c’est de pouvoir compter sur des membres motivés qui organisent chaque année une ambitieuse opération de solidarité, à savoir « l’Opération Souris ». Chaque année, en février, nos membres courent les rues, les supermarchés et les animations diverses pour plaider la cause des enfants sourds et vendre de délicieuses souris en chocolat. Cette opération permet à elle seule de récolter près de 40.000 € par an,

-  le deuxième ingrédient, ce sont nos donateurs qu’ils soient fidèles ou occasionnels et dont les dons mettent du beurre dans les épinards. Merci à eux,

-  le troisième ingrédient, ce sont nos sponsors. Je ne vais pas tous les énumérer maintenant mais vous pourrez voir leurs logos dans le cadre de la présentation qui va suivre,

-  enfin, last but not least, nos partenaires institutionnels qui nous accordent leur confiance depuis trente ans. Rien, n’aurait été possible sans le soutien de : - de la Communauté française et le Service de la lecture publique, la Direction générale de l’Enseignement obligatoire, le Service général de la jeunesse et de l’éducation permanente qui nous accordent des subsides, - de la Commission Communautaire française, - de la Région wallonne, du Forem et de l’Orbem qui nous permettent de bénéficier de points APE et d’emplois subventionnés.

De nos jours, il est de bon ton de critiquer les politiques et les administrations. Et bien sachez que l’APEDAF se réjouit quant à elle des relations qu’elle a pu établir avec les partenaires que je viens de citer et qui nous aident à réaliser un grand nombre de nos projets.

Si nous sommes réunis, ici et aujourd’hui, c’est notamment pour avoir l’occasion de les remercier. Merci à tous. Que c’est bon d’avoir trente ans quand on est aussi bien entouré !

Mon intervention touche à sa fin. Dans un instant, vous pourrez voir une présentation en image de notre association et particulièrement de son évolution depuis la cérémonie de ses 25 ans. Ensuite, Anne-Charlotte Grabowski vous parlera de notre prochain Forum politique.

Vous pourrez également voir et consulter notre tout nouveau site internet www.apedaf.be.

Avant cela, je voudrais encore exprimer quelques remerciements :

-  au personnel de l’APEDAF, et notamment son excellente directrice, Edith Rioux. Ce personnel est compétent et motivé. Il travaille sans compter et le conseil d’administration sait la chance qu’il y de pouvoir compter sûr eux. Merci à vous tous, notamment pour l’organisation de cette soirée.

-  et puis, si l’APEDAF a pu être créée et rester active pendant 30 ans, c’est grâce à l’investissement, au travail et à la volonté de nombreuses personnes qui ont porté haut des mandats d’administrateurs ou de présidents de notre association.

Pendant la réception, vous pourrez voir défiler les noms de tous administrateurs de notre association. Par contre, je vais dès maintenant appeler à me rejoindre ici ceux qui ont présidé aux destinées de l’APEDAF, nos Présidents qui se sont succédé au cours de ces trente dernières années.

Ils sont tous là. Par ordre chronologique, il y a d’abord eu :

Merci de votre attention et bon anniversaire.


-  Photo 1 : Anne-Charlotte PREVOT, nouvelle Présidente de l’APEDAF. Elle succède à Bernard LIETAR
-  Photo 2 : Une vue sur les participants
-  Photo 3 : Elie MARTIN (UNAPEDA), Martine Fraiture (Présidente de la FFSB Fédération Francophone des Sourds de Belgique), Véronique GERNAY (APEDAF),

Voir le site de l’APEDAF


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