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Junior, 11 ans, sourd profond, son père menacé d’expulsion

Article publié le mercredi 16 mai 2018.


Raymond Samuel, père d’un enfant sourd profond, nécessitant une prise en charge spécialisée et continue, est menacé d’expulsion par le préfet du Loiret.

La France doit être une chance pour tous, proclamait le candidat Macron. Un an plus tard, les critères du ministre de l’intérieur pour accorder cette chance sont plus restrictifs que jamais.

Junior est né prématuré le 11 novembre 2006 au Cameroun. A 8 mois, sa surdité bilatérale est diagnostiquée. Il est appareillé 5 ans plus tard, (il faut trouver l’argent !) à Clermont-Ferrand, où réside sa tante, il bénéficie d’un implant cochléaire de la marque NEURELEC, une intervention chirurgicale d’une durée de deux heures, sous anesthésie générale. Il est d’abord suivi à Clermont-Ferrand, pour une rééducation post-implantatoire indispensable, puis à partir de 2012 à Orléans par l’Institution Régionale des Jeunes Sourds, l’IRJS où il est toujours suivi à ce jour en internat de semaine.

En 2014, sa tante ne peut plus assumer sa garde. Au Cameroun, aucun service ORL n’est en mesure d’effectuer les réglages trimestriels de l’implant OTICON implanté à Junior. En effet une autre marque d’implant, MEDEL, est présente dans ce pays. Par ailleurs, aucune école spécialisée au Cameroun ne peut l’accueillir et lui offrir les prises en charge paramédicales et éducatives indispensables pour consolider ses progrès, notamment sa communication.

M. Zeh décide de venir s’installer en France pour s’occuper lui-même de son fils. Sa femme et ses deux filles restent au Cameroun.

En octobre 2015, il obtient une Autorisation Provisoire de Séjour (APS) sans droit au travail, d’une durée d’un an, en tant que parent accompagnant un enfant malade. Il vit alors de ses économies, bénéficie d’un logement provisoire grâce à la solidarité locale à partir de décembre 2016.

En mars 2017, il obtient le renouvellement de son APS, avec droit au travail. Il travaille comme manutentionnaire, et en juillet 2017, il peut quitter l’association d’accueil et louer un logement à Beaugency.

Le 5 février 2018, M. Zeh, reçoit, de la Préfecture du Loiret, une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) à l’expiration de son APS c’est-à-dire le 6 mars 2018.

Dans l’attente du jugement du tribunal administratif le 22 mai prochain, M. Zeh demeure sous l’interdiction de travailler, lui et son fils vivent de la solidarité collective.

L’OQTF indique que l’état de santé de Junior nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d’une exceptionnelle gravité.

En même temps, lors d’une audience du Tribunal administratif, l’avocat de la préfecture ose affirmer : « si cet implant n’était pas réglable au Cameroun, il suffisait de ré-opérer Junior pour lui en poser un dont la marque était connue là-bas ! » Une proposition irrecevable sur un plan éthique, qui a indigné les professionnels qui suivent Junior, présents à l’audience, tout comme ceux qui en ont eu connaissance depuis.

Les professionnels de l’IRJS et les spécialistes qui suivent l’enfant affirment qu’un retour au Cameroun, ferait perdre à Junior tous les bénéfices acquis depuis 2011 grâce à ses multiples prises en charges éducatives et paramédicales.

Le 22 mai, le tribunal administratif statuera sur le droit de M. Zeh à rester et à travailler en France, il statuera sur la possibilité de Junior de continuer à être pris en charge et de poursuivre ses progrès

Signez et faites signer la pétition de soutien à Raymond Zeh http://resf.info/P3315

Source : RESF

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