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Au téléphone, ils interprètent pour les sourds

Article publié le jeudi 31 mai 2012.


Société coopérative basée à Caen, Visio sourd Normandie est née en 2010. Elle utilise un logiciel qui permet, avec une caméra, d’interpréter des conversations pour les personnes sourdes.

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Olivier Bonnet, gérant de Visio sourd Normandie. L’entreprise est l’un des centres relais du système Elision.

Ils ont commencé à plancher sur l’idée en 2009. «  Avec l’évolution des technologies, on s’est aperçu qu’on pouvait facilement faire un travail d’interprétariat à distance, en utilisant Internet », explique Olivier Bonnet, directeur de l’Ariada (Association régionale de l’insertion et de l’accessibilité des déficients auditifs). Visio sourd Normandie (VSN), dont il est le gérant, a été créée à partir de cette association. Née en août 2010, implantée à Caen, VSN interprète des conversations téléphoniques pour les personnes sourdes.

« Les petites mains qui interprètent »

Sur sept salariés, elle emploie cinq interprètes à temps partiel. Ils forment l’une des quatorze plate-formes en France utilisant le logiciel Elision. Ce système a été développé par Websourd, une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) basée à Toulouse. « Websourd fournit la partie technique. On est les petites mains qui interprètent », décrit Olivier Bonnet, 45 ans. Le principe : « Internet plus un logiciel qui permet une bonne réception vidéo pour pouvoir traduire les propos d’une personne sourde vers une entendante. »

« Ouvre des portes »

L’utilisateur doit d’abord s’inscrire à Elision : personne sourde ; entreprise qui souhaite mettre ce service à disposition d’un salarié ; collectivités, pour leurs accueils. Sur son ordinateur, équipé d’une caméra, il suffit ensuite à la personne de composer un numéro qui l’envoie vers un centre relais (par exemple VSN). Elle communique sa demande à l’interprète et lui donne le numéro de son contact. L’interprète répercute la conversation.

« Sans un tel système, les personnes sourdes ne peuvent pas travailler avec le téléphone. Il leur faut se déplacer ou déléguer, reprend Olivier Bonnet. Il ouvre beaucoup de portes. » Dans le cadre professionnel, mais aussi personnel : discussions avec un client ou un fournisseur, rendez-vous chez le médecin, avec un avocat, etc.

Un projet déjà récompensé

La France compte 350 interprètes diplômés (master) en langue des signes. L’ouverture de centres relais comme VSN, en place d’une unique société centralisée, permet « d’aller chercher les ressources humaines où elles sont ».

Pour son premier exercice, VSN a réalisé un chiffre d’affaires de 75 000 €. «  On démarre. » L’entreprise vient de recevoir un prix du Crédit coopératif. Elle-même a choisi un statut coopératif (Scop). « C’est un projet d’utilité sociale, collectif. » Il répond aussi à l’envie «  de travailler un peu autrement, avec une participation des salariés dans les décisions. De se prendre en main dans notre travail. »

Virginie JAMIN.

Source Ouest France Entreprises

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