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Etudes supérieures : un parcours encore difficile pour les handicapés

Article publié le dimanche 4 décembre 2016.


Ils sont 23 257 étudiants en situation de handicap dans le supérieur, soit plus de 13 000 qu’en 2012. Un chiffre encourageant, mais qui laisse les responsables d’associations sceptiques.

C’était un engagement de François Hollande : en février 2012, le candidat socialiste à la présidentielle reçoit une délégation de l’Association des paralysés de France et affirme que lui président, il augmentera le nombre d’étudiants handicapés accueillis dans l’enseignement supérieur.

A quelques mois de la fin du quinquennat, cette promesse, non assortie d’objectifs chiffrés, a été tenue : universités, classes préparatoires, STS et grandes écoles comptaient 13 382 étudiants handicapés voici quatre ans ; en 2016, ils sont 23 257, selon des chiffres publiés vendredi 2 décembre. Malgré ces chiffres, les associations qui travaillent sur la prise en charge des personnes handicapées, ne cachent pas leur déception face au bilan présidentiel.

La part d’étudiants en situation de handicap inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur n’a jamais été aussi importante. « C’est le résultat de la loi du 11 février 2005 », rappelle Christian Grapin, directeur de Tremplin Etudes-handicap-entreprises, une association qui œuvre pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

Jacques Chirac en avait fait une priorité de son dernier mandat présidentiel : « Assurer l’égalité des droits, des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. » Dès 2006, les établissements du primaire au supérieur sont sommés par la loi de mettre en place toutes les aides et accompagnements nécessaires pour que les étudiants handicapés puissent réussir leurs études. C’est donc aux structures de s’adapter aux besoins de la personne, et non l’inverse. Avec pour résultat, une progression significative du nombre d’étudiants du supérieur en situation de handicap, d’environ 10 % par an.

Le bac et la quête du « Graal »

Aujourd’hui, il y a en France 280 000 enfants handicapés scolarisés. Le nombre d’élèves décroît au fur et à mesure que le niveau augmente : 160 000 dans le premier degré, 120 000 au collège ou au lycée et ils ne sont plus que 23 257 étudiants dans l’enseignement supérieur.

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Pédagogie inadaptée

Que ce soit pour l’enseignement secondaire ou supérieur, les responsables associatifs rappellent au gouvernement ainsi qu’aux enseignants la loi de février 2005 : « L’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés. » « Ils n’y sont pas », regrette Stéphane Forgeron, administrateur de l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.

Chaque type de handicap, qu’il soit visuel, auditif, moteur, psychique ou un trouble de la parole, doit faire l’objet d’une adaptation. « Mais les professeurs d’université ne sont pas formés à des formats pédagogiques appropriés, et n’y sont pas contraints », observe M. Forgeron. « Les infrastructures, les cours, les supports scolaires ne sont pas - ou souvent mal - adaptés », poursuit Vincent Michel.

Un sombre tableau dont ne rend pas compte le ministère de l’éducation nationale, qui préfère souligner que « plus de 70 % des étudiants en situation de handicap bénéficient d’un plan d’accompagnement ». Quant à la formation des enseignants à faire cours à des élèves en situation de handicap, elle sera accessible aux seuls professeurs de premier et second degrés... en 2017.

Un autre point laisse les responsables d’associations sceptiques quant à l’engagement réel du gouvernement : la décision de détourner la contribution des universités au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) pour financer la sécurité des campus. Faute de respecter dans leurs effectifs la part de personnels handicapés fixée, les universités auraient dû, en 2016, verser 45 millions d’euros à ce fonds, après avoir déboursé 15 millions l’an dernier.

La ministre de l’éducation nationale leur a permis de déroger à cette amende, à hauteur de 30 millions, afin de subvenir à leurs dépenses en matière de sécurité. « Ces fonds qui devaient être dédiés à l’emploi des personnes handicapées ont été spoliés », s’étrangle Stéphane Forgeron. « Une méthode de voyou » abonde Vincent Michel.

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