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La LSF dans l’accès des sourds à l’écrit

Colloque organisé par l’Association Française pour la Lecture, les 18-19 novembre 2010 à la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20ème)
Article publié le mardi 7 juin 2011.


La revue trimestrielle les Actes de Lecture n°114 à paraître début juin 2011 comporte un dossier spécial de compte-rendu du colloque "La LSF dans l’accès des sourds à l’écrit" organisé par l’Association Française pour la Lecture qui s’était tenu en novembre 2010.

Vous pouvez la commander en remplissant le bon de commande ci-dessous. Son prix est de 10€ + 2,80€ de frais d’envoi soit 12,80 euros.

PDF - 167 ko

Michel PIRIOU (Président de l’AFL)

OUVERTURE DU COLLOQUE

Ces deux journées de travail, se nourriront de nos échanges et de notre réflexion qui, il n’en tiendra qu’à nous, pourraient être une contribution intéressante dans le débat général sur l’école comme pour nos différentes spécialités.

Je m’empresse de souligner l’aide que la ville de Paris apporte à l’AFL dans l’élaboration du logiciel Vidéographix et son soutien pour notre colloque. Madame Barra, notre principale interlocutrice, représente ici la délégation aux personnes en situation de handicap. Je la remercie de nous rejoindre malgré un emploi du temps chargé d’autant qu’il y a en ce moment le mois du handicap.

L’AFL est un mouvement pédagogique dont l’ambition est de contribuer à la transformation du système éducatif parce que nous croyons à une école qui n’isole pas l’enfant du monde sous prétexte de le protéger. Nous pensons que l’apprenant a besoin d’un statut social et de projets civiques. Notre conviction est que le maître, l’enseignant, l’éducateur, a pour rôle de donner une place à l’apprenant dans la réalité du monde et de l’installer à part entière dans un réseau de communications, un réseau nécessaire et utile au quotidien. Avec ou sans handicap, l’apprenant a besoin d’être reconnu par tous, il a besoin d’un statut de lecteur pour son apprentissage de l’écrit. Nous savons aussi que l’apprenant a besoin d’un bagage culturel pour s’approprier la complexité du monde, pour lire et pour écrire.

Il n’est pas dans la vocation de l’AFL de se préoccuper d’un handicap particulier. Cependant, lors de nos recherches sur la lecture et l’écriture, nous avons été amenés à croiser l’enseignement et la formation des personnes sourdes. Nous avons organisé un premier colloque en 2002. Il nous sembleque la surdité, mais le handicap en général, révèle, grossit les besoins et les effets d’un enseignement. Ainsi, si nous n’avons pas de solution spécifique pour l’apprentissage de la lecture chez les sourds, nous nous proposons de chercher avec leurs enseignants des démarches qui ne manqueront pas de profiter aux entendants.

Ainsi les recherches de l’AFL conduisent à considérer que les obstacles à l’apprentissage de l’écrit et plus généralement des langages, sont globalement le fait de démarches pédagogiques plutôt que de handicaps qu’ils soient sociaux ou d’ordre médical. Depuis des décennies certains s’attachent à améliorer la pédagogie de la lecture sans jamais remettre en cause le système qui la fonde. Nous savons par les résultats aux tests nationaux, ceux de la loi de 1989, que seulement 20% des élèves qui rentrent en 6ème sont en capacité d’appréhender l’implicite d’un texte. Malgré tout le dynamisme et les compétences des enseignants, le système fabrique à peine 20% de vrais lecteurs !

L’AFL s’intéresse au bilinguisme et à l’usage des langages dans l’apprentissage. Il faudra sans doute être attentif à la notion de langage, de métalangages. Elise Leroy, Marie Perini et Brigitte Garcia apporteront sûrement un éclairage sur ces questions. Anne Valin a connu une intéressante expérience d’enseignement de l’écrit avec la LSF à Poitiers et Champs sur Marne. Les établissements de Poitiers et de Lyon témoigneront de leurs pratiques.

Le colloque va se dérouler sous trois formes : des interventions, des débats et des moments de réflexion. L’intellectuel collectif que nous formerons pourrait prolonger son travail au-delà de ces deux journées. Le logiciel Vidéographix que nous réalisons pas à pas, s’adresse autant à l’élève qu’à l’enseignant, à ceux qui luttent contre le handicap de la surdité et qui veulent et feront de la LSF la langue première, celle qui permet les apprentissages. Vidéographix a besoin de votre regard, de votre expérience professionnelle, de votre accompagnement afin qu’il soit le plus efficace possible. Il est reconnu et soutenu financièrement, le projet, par la direction des TICE du Ministère de l’Éducation nationale. Il ne fera pas l’objet d’une opération mais il pourrait bien devenir l’outil d’une cause.

Source CIS Aquitaine

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