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Avis de tempête sur la LS

Article publié le jeudi 13 mars 2008.


Le médecin-conseil de l’Ecole cantonale pour enfants sourds déconseille l’usage de codes gestuels pour communiquer avec les jeunes porteurs d’implants cochléaires.
Vive controverse.

Dans le canton de Vaud, le Dr Jacques Cherpillod, médecin-chef du service ORL du CHUV, et de l’Hôpital de l’enfance, audiologiste au Centre romand d’implants cochléaires et médecin-conseil de l’Ecole cantonale pour enfants sourds, recommande aux parents d’enfants implantés de renoncer à la langue des signes pour ne pas entraver leur conquête de l’oral

Plus de détails sur le journal 24Heures

De nombreuses réactions se sont fait entendre que ça soit au niveau de la communauté sourde ou des parents refusant un retour à l’oralisme.

Le directeur de la FSS [1] dénonce cette menace d’une « violation des droits humains, des droits de l’enfant et de la famille ».

La position de l’UNAPEDA par rapport à la LSF

La pose d’un implant sur un enfant ne rend pas celui-ci entendant.

La loi prévoit
-  La liberté de choix entre une communication bilingue (LSF et langue française) et une communication en langue française.
-  La reconnaissance de la langue des signes

Nous réaffirmons :

-  Que les familles et les jeunes adultes sourds et déficients auditifs doivent avoir le libre choix du mode de communication,
-  Que la scolarisation en milieu ordinaire, que ce soit dans le premier ou second cycle ou dans l’enseignement supérieur, nécessite un accompagnement par des personnels spécialisés et qualifiés (interfaces de communication, interprètes en langue des signes, codeurs LPC, professeurs de sourds, ...)

Nos propositions :

  1. Faire évoluer les pratiques des établissements et services afin d’offrir réellement le libre choix du mode de communication.
  2. Mettre en place dès la rentrée 2008 une épreuve de LSF comme option facultative au baccalauréat .Il y a déjà des établissements qui enseignent la LSF en vue d’une option au bac en 2008. C’est le cas à Nîmes. A partir de la session de 2008, la langue des signes française (LSF) est admise comme épreuve facultative dans chacune des trois séries du baccalauréat général : ES, L et S.->
  3. Proposer ensuite dès 2010, à titre expérimental, dans des établissements qui accueillent déjà des enfants déficients auditifs la LSF comme deuxième langue pour les jeunes déficients auditifs ou non qui en feraient la demande. Un certain nombre de jeunes sourds ont obtenu l’attestation « expert en langue des signes » à l’ ENSHEA ou la licence professionnelle à Paris 8, il existe donc un vivier de professionnels formés.

A cette occasion nous publions des extraits de :

Convention relative aux droits des personnes handicapées

La Convention des Nations Unies sur la protection et la promotion des droits et de la dignité des handicapés reconnaît aux personnes Sourdes le droit à l’égalité d’accès à l’éducation, et soutient leur droit à être instruits dans la langue des signes.

Article 24, Éducation :

Les Etats Parties donnent aux personnes handicapées la possibilité d’acquérir les compétences pratiques et sociales nécessaires de façon à faciliter leur pleine et égale participation au système d’enseignement et à la vie de la communauté. A cette fin, les Etats Parties prennent des mesures appropriées, et notamment :

a) facilitent l’apprentissage du braille, de l’écriture adaptée et des modes, moyens et formes de communication améliorée et alternative, le développement des capacités d’orientation et de la mobilité, ainsi que le soutien par les pairs et le mentorat ;
b) facilitent l’apprentissage de la langue des signes et la promotion de l’identité linguistique des personnes sourdes ;
c) veillent à ce que les personnes aveugles, sourdes ou sourdes et aveugles - et en particulier les enfants - reçoivent un enseignement dispensé dans la langue et par le biais des modes et moyens de communication qui conviennent le mieux à chacun, et ce, dans des environnements qui optimisent le progrès scolaire et la sociabilisation.

Afin de faciliter l’exercice de ce droit, les Etats Parties prennent des mesures appropriées pour employer des enseignants, y compris des enseignants handicapés, qui ont une qualification en langue des signes ou en braille et pour former les cadres et personnels éducatifs à tous les niveaux. Cette formation comprend la sensibilisation aux handicaps et l’utilisation des modes, moyens et formes de communication améliorée et alternative et des techniques et matériels pédagogiques adaptés aux personnes handicapées.

NATIONS UNIES, DECEMBRE 2006 / LES DROITS DES HANDICAPES

[1] Fédération Suisse des Sourds


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