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Drame de la Préfecture de police de Paris - Analyse de Jean Dagron

Le tueur de la Préfecture de Police était il en rapport avec le prosélytisme islamiste qui sévit dans des milieux sourds de plusieurs régions françaises ?
Article publié le mardi 8 octobre 2019.


Le tueur de la Préfecture de Police est un sourd pratiquant la langue des signes. Son sentiment de discrimination comme sourd a-t-il joué un rôle ? Était il en rapport avec le prosélytisme islamiste qui sévit dans des milieux sourds de plusieurs régions françaises ?

Texte de Jean Dagron publié sur facebook le 8 octobre 2019
co-fondateur de consultation en langue des signes à La Salpêtrière en 1995

Depuis 4 ans, j’essaie de faire prendre conscience de ce phénomène ( un chapitre du roman « frères de Silence » )

Quelques éléments de réflexions. Des prédicateurs sourds débarquent dans des mosquées et regroupent des sourds. Les entendants ne peuvent comprendre ce qui est prêché exactement d’autant qu’ils ne les considèrent que comme des « handicapés » . Ce qui est palpable c’est le changement d’ambiance. Les interdictions faites aux oœurs, épouses à Marseille de se baigner en maillot de bain, en raison de « la liberté des femmes qui affaiblirait le camp musulman ». Des discours où les gestes récurrents sont « unité », « pureté », « dignité ».

Les discriminations subies , probables, sont ressassées à l’infini et transformées en fortes humiliations dont on ne guérit pas.

Des jeunes qui d’un coup ne veulent plus de contacts avec les « mécréants » et passent des heures à regarder les vidéos, fasciné par les scènes de décapitation ou autres horreurs. Les signes qu’emploient les sourds pour décrire l’état second dans lequel sont plongés les spectateurs devant li approche deux index frémissant vers les deux yeux. On peut le traduire comme « un état d ’hypnose ». Les sourds aiment le visuel, certains sont friands d’images crues. Un instant d’affaiblissement de leurs pensées, propices pour ceux qui veulent les influencer.

Une fascination pour la mort et une admiration pour les « martyrs ».Des postures « de sauveur du groupe, plus fort que celui que je hais, car je n’ai pas peur de mourir. Dans la vie concrète, nous sommes des moins que rien, alors éradiquons la réalité ». Ceux qui manquent de perspective peuvent, peut-être, se faire berner par une idéologie destructrice. le débat avec l’autre, trop différent.

Que faire ? Au moins, essayons de prévenir les dérives.

En déconstruisant la logique des discours pas à pas « Le Coran est clair. Les règles de l’Islam sont simples », « Je ne sais pas où est la vérité dans les massacres, les guerres. les journaux sont manipulés » pour aboutir au « Je ne crois que mes sites Facebook. Je n’ai plus de copains ou d’amis ijr ne fréquente que des « frères ». Il ya des bons et des mauvais musulmans. »

En soutenant les proches souvent désemparés. Certains parents se dissimulent même la réalité en préférant avoir un enfant pieux Dans les l’ordinateur de leur enfant on trouve pourtant des vidéo incroyables de Daesh - dont les sourds ont bien raison de lui avoir donné le signe de « cagoule » masquée et dangereuse et sans relation avec la religion. On y voit des prêcheurs proclamer « le droit d’égorger sa mère si elle ne se voile pas ».

Les manipulations se développent de nos fragilités actuelles.. D’abord, réfléchir, la société ne pâtit pas de sa diversité au contraire la fraternité existe de nos différences. Par exemple les dangers de la politique scolaire imposée aux sourds. Au nom de l’inclusion dans le milieu ordinaire ( ordinaire pour qui ?) chaque enfant sourd se retrouve isolé, désintégré. La quasi-absence de classes bilingues français/langue des signes est une aubaine pour les extrémistes religieux. Une brèche dans laquelle ils s’engouffrent en proposant des activités culturelles et bientôt des écoles coraniques en langue des signes. Une activité sectaire qui produira des combattants illuminés.

Ce qui touchera les sourds, un futur incarné, les sourds qui occupent désormais des postes de responsabilité doivent se mobiliser. Devant leur parole convaincante, le jeune fanatique, ou au moins son entourage pourrait se tourner vers des modèles concrets. Emprunter un minuscule sentier qui se satisfait du provisoire des vérités plutôt que s’engager dans l’impasse mortifère de l’extrémisme religieux.

Discussion tenue il y a 3 ans devant une affiche : je suis Charlie et musulman.

-  je suis musulman donc je ne peux être Charlie.
-  Cela veut dire que l’on est tous des humains contre la barbarie.
-  La France tue des enfants en Syrie. Elle n’a que ce qu’elle mérite. De toutes façons, je ne veux pas en discuter avec les croisés.

Certains sourds déshumanisent radicalement leurs ennemis. Chaque fois que la fraternité disparaît, l’humain n’est plus respecté. Rien ne s’oppose plus à ce mal absolu. .

Texte publié sur le Facebook de Jean DAGRON

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