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L’OMS adopte une résolution historique sur la santé auditive

Article publié le lundi 19 juin 2017.


Réunie à Genève du 27 au 31 mai, la 70e Assemblée mondiale de la santé, l’organe décisionnel de l’Organisation mondiale de la Santé, a adopté une résolution historique concernant la santé auditive. Décryptage de cette résolution, avec le Dr Shelly Chadha, responsable du programme de prévention de la surdité de l’OMS.

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C’est une date à marquer d’une pierre blanche : le 31 mai 2017, l’Organisation mondiale de la Santé (ou plus exactement, l’Assemblée mondiale de la santé, l’organe décisionnel suprême de l’OMS) a pris une résolution en faveur de la santé auditive. La dernière remontait en effet à 1995 : elle portait sur la prévention de la déficience auditive et invitait les États membres à mettre en place des plans de prévention et de contrôle des causes majeures des déficiences auditives évitables, ainsi que des plans de dépistage des nouveau-nés, de bébés et des enfants, ainsi que des personnes âgées, dans le cadre des soins de santé primaires.

Lors de la 70e Assemblée mondiale de la Santé, fin mai à Genève, au siège de l’OMS, les pays membres ont ainsi confirmé leur inquiétude concernant la santé auditive. «  Nous sommes heureux qu’il y ait une résolution sur la perte d’audition, car cela nous aidera à sensibiliser les États membres et les partenaires à cette question dans le but de stimuler la formulation et la mise en œuvre des politiques  », a réagi le Dr Shelly Chadha, qui dirige le programme de prévention de la surdité de l’OMS.

Engagement des États membres...

«  La résolution, coordonnée par la Russie, a reçu un large soutien des États membres dans toutes les régions et à tous les niveaux de revenu, se félicite Shelly Chadha. Elle exhorte les États membres à : intégrer des stratégies pour les soins auditifs dans le cadre de leurs systèmes de soins de santé  ; recueillir des données épidémiologiques  ; mettre en place des programmes de formation pour le développement des ressources humaines  ; assurer la couverture vaccinale  ; mettre en œuvre des programmes de dépistage précoce des maladies de l’oreille et de la perte auditive chez les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées et autres groupes "à risque"  ; améliorer l’accès à des appareils auditifs abordables et de haute qualité  ; améliorer l’accès à la communication  ; travailler à la réalisation des "Objectifs de développement durable" 3 et 4 [accès à la santé et accès à une éducation de qualité, NDLR], en particulier pour les personnes malentendantes. Nous espérons que les pays vont maintenant s’engager dans le développement et la mise en œuvre de politiques de santé auditive, en fonction de leurs besoins, de leurs priorités et de leurs ressources. L’OMS reste à la disposition de tous les États membres pour fournir un soutien technique complet dans le processus.  »

... et de l’OMS

En outre, la résolution ne prévoit pas uniquement des engagements à destination des États membres : l’OMS elle-même devra s’acquitter de certaines obligations : renforcer son plaidoyer pour la prévention, en se fondant sur des données probantes, notamment lors de la Journée mondiale de l’audition (le 3 mars), développer des outils, qu’elle mettra à disposition des États membres, pour collecter des données, mettre en place des stratégies de soins, des plans de dépistages, etc. Le texte engage l’OMS à intensifier ses efforts de prévention de la perte d’audition liée à l’exposition à des sons forts, en particulier dans les milieux récréatifs. «  À cet égard, l’OMS a lancé l’initiative Make Listening Safe en 2015, rappelle Shelly Chadha. Dans les années à venir, elle prévoit de développer et lancer une campagne de communication mondiale pour promouvoir l’écoute sécurisée, de travailler avec des partenaires pour développer des normes mondiales destinées aux systèmes audio personnels et garantissant une écoute sans danger, et de proposer des recommandations pour les lieux récréatifs. Enfin, l’OMS prévoit d’élaborer un protocole de recherche normalisé pour l’évaluation de la perte auditive liée au bruit dans des milieux récréatifs.  »

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Un rapport mondial sur la santé auditive

Invité à cette assemblée, George Tavartkiladze, secrétaire général de l’ISA (Internaional Society of Audiology), avait précisément relevé l’importance et l’émergence inquiétante des bruits récréatifs. L’ISA s’est ainsi réjouie de l’adoption de cette résolution : «  En tant qu’organisation mondiale pour l’audiologie, l’ISA ainsi que de nombreux partenaires ayant fournis d’inlassables efforts, célèbrent ce moment historique qui promet d’avoir un impact profond sur la santé auditive à travers le monde.  »

Par ailleurs, la résolution appelle le Secrétariat de l’OMS à élaborer un rapport mondial sur l’audition. «  Ce rapport devrait décrire l’état actuel de la santé auditive dans le monde entier et déterminer les priorités d’action dans les prochaines années, indique Shelly Chadha. En juillet 2017, l’OMS accueillera une consultation des parties prenantes à son siège à Genève. L’élaboration de ce rapport y sera discutée, ainsi que les messages clés, les processus et le calendrier. Nous espérons que le rapport pourra être lancé en 2019.  »

Source : edp-audio.fr

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