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Témoignage : L’accessibilité des arts plastiques

Journées Familiales de l’UNAPEDA 2007 - 17, 18 et 19 mai 2007
Article publié le mardi 23 octobre 2007.


Journées Familiales de l’UNAPEDA - 17, 18 et 19 mai 2007

Présentation

Jeudi 17 mai 2007 : Culture et handicap

Vendredi 18 mai 2007 : Accès à la littérature et aux pratiques culturelles

Samedi 19 mai 2007 : Accès au cinéma, théâtre, musées - Accès aux sports

Proposition culturelles et accessibilité en Ille-et-Vilaine

Témoignage d’une maman

Intervention de Bertrand Verine
-  Témoignage : L’accessibilité des arts plastiques
-  Vers un partage de la culture au nouveau musée Fabre

Auto-portrait d’Angelika MANDAWALA


En haut - Sommaire

Un texte de Michel MICHELLAND

Comment rendre les arts accessibles aux handicapés visuels ? Personnellement, je n’ai pas eu une éducation qui me donne les bases de la culture.

Par contre, aujourd’hui, j’investis beaucoup pour me sensibiliser dans différents domaines. Lors de séjours ou d’excursions, je n’hésite pas à rétribuer un guide du tourisme afin qu’il me fasse partager son savoir.

Les guides ou conférenciers de musées et de monuments ont quelquefois une gêne quand ils aperçoivent un aveugle dans un groupe de visiteurs. Il faut leur expliquer qu’il n’y a pas de problème pour nous, car en les écoutant, nous pouvons imaginer le tableau, la sculpture ou la décoration qu’ils décrivent avec beaucoup de détails et de passion. D’un côté, j’ai horreur quand ils veulent nous faire toucher des statues ou des objets sans nous prévenir ou nous demander si nous sommes intéressés à le faire. Mais je n’apprécie pas non plus ceux qui me tapent sur la main quand je décide de toucher un objet qui se trouve à proximité de moi. En fait, nous sommes souvent considérés comme des enfants.

Je me souviens de la basilique de Saint-Denis, où il fallait à tout prix que les aveugles lisent les cartels en braille apposés sur le tombeau du roi et quelques autres devant lesquels nous déambulions... et pendant ce temps-là, la visite continuait sans nous ! Quel dommage, car le guide était plus intéressant que ces quelques mots en braille. Ou encore, après la visite du château de Fontainebleau animée par une excellente et charmante guide, nous avons arpenté celui de Vaulx-le-Vicomte avec un casque sur les oreilles qui nous commentait les lieux et la vie de Fouquet : nous serions restés à l’accueil avec notre joujou sur les esgourdes, cela aurait été aussi vivant !

J’ai fait plusieurs excursions où les organisateurs s’étaient acharnés à nous fabriquer des plans de façades ou de monuments en relief qui, plutôt que d’éclairer les explications du guide, les perturbaient car il fallait déjà nous faire comprendre ce que l’on avait bien voulu nous transcrire. Le château d’Angers, par exemple, propose une explication en braille et un plan en relief : très bien pour l’explication, en sachant que 10 % des aveugles pratiquent le braille ; mais le plan mérite carrément une petite formation avant d’être mis dans les mains d’un aveugle, car « Tu en veux des points ? Eh bien, tu en as dans tous les sens ! » Pouvez-vous m’expliquer comment l’on peut apprécier la perspective, la texture, les couleurs d’un tableau par des reliefs ? La beauté d’un tableau se découvre par sa vue d’ensemble, et non en le possédant par petites touches.

Lors de mes voyages, au lieu de rapporter des couillandres, je chine les modèles réduits de monuments, les porte-clés ou les bouteilles qui représentent le pourtour du pays visité. Vraiment, ce qui me manque et qui m’aiderait à mieux appréhender chaque monument, ce sont des maquettes. Nous avons visité plusieurs châteaux dans le Périgord, et la description de celui de Montbazillac a été facilitée par une maquette, certes en carton, mais que de temps gagné pour le guide qui a pu se concentrer sur plus d’explications historiques. Au musée en plein air de Maduro, près de La Haye, sur un parcours de 3 km, tous les monuments que compte la Hollande sont reproduits au 1/25ième : il y a même le stade de l’Ajax d’Amsterdam et l’aéroport de cette ville. Un bémol quand même, ces maquettes ne sont pas accessibles pour un aveugle, car protégées par des balustrades ; mais vous faites comme moi, vous les enjambez : c’est trop tentant !

En fait, j’ai remarqué que pour la plupart des personnes, quand tu es aveugle, tu dois être musicien, cultivé, littéraire, avoir un chien-guide, lire le braille, et encore quoi ? Eh bien oui, comme les valides, nous sommes attirés par notre sensibilité ! C’est tout. Je suis demandeur que tous les sites ouverts à la visite possèdent une maquette du château, du jardin ou de son environnement.


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