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Lettre ouverte à tous ...
... pour tous nos enfants à l’Ecole

Appel pour une mise en cohérence des ambitions politiques affichées et de ... choix stratégiques contradictoires !
Article publié le samedi 25 novembre 2006.


L’UNAPEDA est co-signataire de la lettre de l’AFPSSU

Nous vous invitons à signer la lettre sur le site de la pétition

Lettre adressée à

Monsieur Chirac, Président de la République
Monsieur de Villepin, Premier ministre
Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire
Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la santé
Monsieur Philippe Bas, Ministre délégué à la famille
Monsieur Gilles De Robien, Ministre de l’éducation nationale
Monsieur Jean-Louis Borloo, Ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement
Monsieur Christian Jacob, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative
Monsieur Azouz Begag, Ministre de l’Egalité des chances
Monsieur Jean-Louis Debré, Président de l’Assemblée nationale
Monsieur Didier Sicard, Président du Comité Consultatif National d’Ethique Monsieur le Professeur Jacques Roland, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins
Monsieur François Bourdillon, Président de la Société française de santé publique
Monsieur Louis Schweitzer, Président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité
Madame Dominique Versini, Défenseure des enfants
Monsieur Roland Debbasch, Directeur de l’enseignement scolaire
Madame Chirac

Les besoins spécifiques de milliers d’élèves seront-ils entendus demain ?

Les enfants porteurs de handicaps, les enfants porteurs de maladie chronique, les enfants en situation de risque psycho-social ont droit à l’Ecole pour y réussir leur construction de futur adulte inséré socialement et professionnellement.

L’Ecole a obligation de les accompagner pour leur permettre d’accéder à la réussite scolaire.

Le plan d’action pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage, en mars 2001, avait enfin donné acte - au-delà même de son champ précis - à l’existence des enfants à besoins particuliers, estimés à plus d’un enfant par classe.

Il affichait une nouvelle conception de l’intervention des professionnels concernés et de l’articulation de leurs compétences : enseignants, professionnels de santé et d’action sociale à l’Ecole, pédiatres, médecins de CDES, praticiens spécialisés ...

Il définissait une chaîne de soins pour ces enfants, depuis le repérage en classe de leurs difficultés, en passant par le dépistage des troubles selon des protocoles validés et par des professionnels formés à cet effet, pour aboutir à une prise en charge pédagogique et sanitaire adaptée et régulièrement réactualisée.

L’éducation nationale, de son côté, pour répondre à sa mission pour la réussite de tous, avait décidé de se doter de médecins spécialistes de la santé de l’élève et d’infirmières, recrutés et formés à cet effet pour aider l’Ecole à évaluer la situation des élèves et conseiller les équipes éducatives et les familles.

Cette volonté politique était régulièrement reprise dans nombre de textes réglementaires, tels le programme quinquennal de prévention et d’éducation dans la circulaire 2003-210 du 1/12/2003, le décret 2005-1752 du 30/12/2005 relatif au parcours de formation des élèves présentant un handicap, ou encore la très récente circulaire de rentrée 2006-051 du 27/03/2006 ...

Mais ...

-  Certaines évolutions se font jour qui ne rendent plus vraiment lisibles le rôle et les fonctions du médecin de l’éducation nationale en tant que garant du diagnostic des besoins particuliers des élèves pour leur prise en compte dans le cadre d’une équipe plurielle.

Ainsi, dans l’application de la loi du 11 février 2005 : qui assure désormais l’expertise des situations pour la commission des droits et de l’autonomie au sein de la Maison Départementale des Personnes Handicapées ? et avec quelles compétences médicales et quelle connaissance des enjeux scolaires pour aider la dite commission dans ses décisions d’orientation, de mise en place de Projets Personnels de Scolarisation, d’attribution d’aides techniques et pédagogiques spécifiques, d’aménagements des épreuves d’examens et concours, etc ?

-  Quelle cohérence peut-on établir entre une politique fondée sur la personnalisation de l’accompagnement des élèves qui exige une stratégie qualitative.et l’indicateur strictement quantitatif choisi dans le programme « vie de l’élève » de la Loi Organique des Lois de Finances - qui entend rendre compte de la performance en matière de promotion de la santé des élèves par le seul ratio des bilans de 6 ans rapportés aux effectifs scolarisés ?

La réponse aux besoins spécifiques des élèves (dès lors qu’elle est aussi la performance attendue d’une politique de Santé à l’Ecole) peut-elle s’accommoder en 2006 d’une stratégie unique alors que l’existence de leurs situations particulières impose des stratégies différenciées ? N’y a-t-il pas un risque de remise en question des politiques académiques développées pour la prise en compte des troubles des apprentissages sur la base des préconisations inscrites au plan d’action interministériel de 2001 ? Que penser de l’évaluation d’une politique visant à promouvoir la santé de tous les élèves - y compris et surtout pour les plus « à risque » d’entre eux - par une vision comptable d’ « examens » cliniques réalisés à la chaîne, à l’identique pour tous ? Ne pouvant permettre de recueillir et d’analyser en une seule unité de temps et de lieu toutes les données qui, de nos jours, déterminent la santé de l’enfant, ils sont faussement rassurants. Répartissant sur tous les limites imposées par les incontournables contraintes de fonctionnement et de calendrier, ils sont faussement égalitaires.

-  Les récentes décisions de réduction des moyens accordés à la médecine scolaire (diminution des crédits de vacation), l’absence de politique de modernisation du service (informatisation, renouvellement des équipements techniques, etc.), la modification des modalités de recrutement, la faible part accordée à la formation continue. ne sont elles pas révélatrices d’une ... mort prévisible ? Ce faisant, quel avenir pour la plus-value enregistrée par les parents d’élèves dans la scolarisation de leurs enfants malades ou handicapés grâce à l’existence d’une véritable médecine scolaire ?

De la réponse à ces questions dépend le devenir de la compensation possible du handicap et des facteurs de risque de milliers d’enfants au regard de leur réussite à l’Ecole.

Et nous sommes très inquiets ...

Extrait du site de l’AFPSSU

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