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FONCTION PUBLIQUE Avec 4 % d’agents handicapés, l’heure n’est pas au satisfecit

Article publié le mardi 24 mai 2011.


Avec 4% de personnes handicapées sur 5,2 millions d’agents, la fonction publique, au sein de laquelle était organisée, le 12 mai 2011, une journée du handicap, est encore loin du seuil de 6% fixé par la loi depuis 1987. Mais elle reste meilleure élève que le secteur privé, où le taux n’est que de 2,4%.

A l’occasion de cette journée, le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation baptisée "Handicap et fonction publique, la volonté de réussir". Avec le support d’un kit de communication (affiche, dépliant sur les droits des handicapés et livret répondant aux questions fréquemment posées), cette campagne vise à "faire changer les regards" et à inciter les fonctionnaires concernés à déclarer leur handicap, afin qu’ils puissent bénéficier des droits auxquels ils peuvent prétendre.

Ces déclarations permettraient d’améliorer le taux d’emploi. Mais, en outre, selon l’entourage du secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron, la non-déclaration d’un handicap risque d’en aggraver les effets, citant le cas d’un agent souffrant d’un déficit visuel qui travaillerait sur écran toute la journée.

Différences entre fonctions publiques
Les situations diffèrent dans les trois fonctions publiques : l’Etat employant 3,09% de handicapés, l’hospitalière 4,83%, et la territoriale 4,86%, soit quelque 200.000 personnes au total.

Dans les ministères, le Travail (près de 7%) et la Défense (6,3%) sont les meilleurs élèves, tandis que la Justice et l’Education sont lanternes rouges (autour de 3%). Les services du Premier ministre ferment la marche (2,1%), ce qui s’explique par la présence d’une majorité de cadres. Or 85% des handicapés ont une formation au niveau baccalauréat.

Pénalités financières
Les objectifs de recrutement prévoient que le seuil des 6% sera atteint dans huit ministères sur 14 d’ici à 2013. Selon l’entourage de M. Tron, des "pénalités financières existent depuis 2007", via une "procédure de gel budgétaire" pour favoriser ces recrutements. Par exemple, si un ministère doit embaucher 100 handicapés et n’en recrute que 50, il devra "se débrouiller" pour financer les 50 autres postes.

Depuis 2005, le Fonds d’insertion pour les personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) collecte et redistribue les contributions des employeurs publics n’atteignant pas les 6%. En 2010, elles ont atteint 212,4 millions d’euros. Selon son président, Didier Fontana, "globalement les choses progressent, mais on a encore une marge de progression". Selon lui, c’est aux décideurs d’"être persuasifs, de faire la preuve qu’effectivement sur le terrain, être handicapé ce n’est pas un frein". "Je ne vous dirais pas qu’à ce jour on a réussi, on est sur la bonne voie", a-t-il indiqué.

L’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), pendant du FIPHFP dans le privé, évalue le taux d’emploi des handicapés à 2,4%, leur taux de chômage étant environ deux fois plus élevé que celui du reste de la population.

Selon Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France (APF), la fonction publique reste "en retard globalement". En outre, a-t-il indiqué, "nous sommes témoins de personnes qui travaillent dans la fonction publique dans des conditions compliquées, au bout du couloir près de la photocopieuse parce que le reste des locaux n’est pas accessible".

Il souligne que l’objectif de 2015 prévu par la loi pour mettre aux normes tous les bâtiments recevant du public, "se rapproche à grands pas", y voyant "une vraie inquiétude". En cinq ans, seuls de 5 à 15% de ces bâtiments ont été équipés pour l’accueil des handicapés, selon une étude publiée début mai.

Source : courrierdesmaires.fr


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